Il y a un endroit où l'on ne pense pas forcément à son bien-être, et qui décide pourtant d'une bonne partie de ce qu'on mangera dans la semaine : le supermarché. On y entre pour « quelques courses », on en ressort avec un caddie un peu plus chargé que prévu, et une fois à la maison, tout ce qui est là finit tôt ou tard par être mangé. C'est presque une règle de la maison.
On a souvent l'impression que le craquage se joue devant le placard, le soir, au moment où l'envie monte. En réalité, il s'est souvent décidé bien plus tôt, dans un rayon, la semaine d'avant. Et c'est plutôt une bonne nouvelle : cela veut dire qu'on peut agir au bon moment, un moment où c'est beaucoup plus facile.
Le craquage se décide au supermarché
Quand une envie de grignoter arrive, ce n'est pas le moment idéal pour faire un choix posé. La fatigue est là, le réflexe prend le dessus, et l'on prend ce qui est le plus proche, le plus visible, le plus disponible. Si le placard contient des biscuits, c'est le biscuit qui gagne. S'il ne contient que des fruits et des noix, c'est le fruit qui gagne, presque sans effort. Ce n'est pas vraiment une question de discipline, c'est une question d'environnement.
Autrement dit : ce qui entre dans la maison finit souvent dans l'assiette, et ce qui n'y entre pas ne se mange pas. Le vrai point de décision n'est donc pas devant le placard, mais dans les rayons, au moment où l'on remplit le caddie.
Pourquoi c'est plus facile aux courses
Aux courses, on décide à froid, une fois pour la semaine. Pas d'urgence, pas de faim de fin de soirée, pas de stress du moment. C'est l'un des rares moments où l'on peut choisir à l'avance ce qu'on veut avoir chez soi. Quelques minutes d'attention une fois par semaine évitent beaucoup de petites batailles les jours suivants.
Les repères de santé publique vont dans le même sens : ils insistent sur l'environnement, sur ce qui est disponible et accessible chez soi, parce que c'est cela qui oriente le plus naturellement nos choix au quotidien. Rendre l'alimentation favorable à la santé facile d'accès, c'est déjà faire la moitié du travail.
Quelques pistes simples
- Une liste, et on s'y tient. On la prépare avant de partir, et on suit la liste plutôt que les envies du moment.
- Contourner les rayons tentants. On n'a pas besoin de traverser l'allée des biscuits par curiosité. On peut passer à côté, tout simplement.
- Ne pas faire les courses le ventre vide. Quand on a faim, tout paraît plus appétissant et le caddie s'allonge. Un petit creux réglé avant d'entrer change beaucoup les choix.
- Rentrer d'abord ce qui fait du bien. Légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, protéines. On garnit la maison de ce qu'on aimerait avoir envie de manger.
- Laisser l'occasion au-dehors. Un biscuit de temps en temps n'est pas le problème. Le problème, c'est la boîte entière qui dort dans le placard. On peut garder les douceurs pour l'extérieur et laisser la maison simple.
Ce n'est pas une question de perfection
Rien de tout cela n'est une règle absolue. Il y aura des semaines plus lâches, des caddies moins sages, des paquets qui reviennent à la maison. Ce n'est pas grave. L'idée n'est pas de transformer chaque course en examen, mais de se rappeler où se prend la vraie décision.
Et comme souvent quand on parle de régularité, mieux vaut un caddie à peu près juste chaque semaine qu'un caddie parfait une fois, puis abandonné.
Rentrer avec un peu d'avance
Remplir son caddie avec un peu d'attention, c'est préparer ses envies futures. On choisit une fois ce qu'on veut avoir sous la main, et les soirs où l'énergie manque, l'environnement travaille pour nous au lieu de jouer contre nous. Ce n'est pas de la volonté héroïque. C'est juste un petit coup de main donné à soi-même, un peu en avance.
Repères cités : Santé publique France, Programme national nutrition santé, sur l'environnement alimentaire et l'accessibilité à une alimentation favorable à la santé ; conseils classiques d'achat (faire une liste, éviter de faire ses courses le ventre vide).
Ce contenu est un accompagnement général de bien-être. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de trouble du comportement alimentaire ou de condition particulière, on en parle à son médecin.